Stardust

Ateliers Bricabook, par @Leiloona – Photo de Vincent Héquet

C’est le soir de la Saint Sylvestre.

Malgré mon aversion pour la foule, ces événements anonymes, ton enthousiasme m’a convaincu à te suivre à cette soirée organisée, mondaine, quelque peu surfaite.

Malgré tout je m’y plais.

Je me plais à contempler ton regard brillant, curieux et ravi de tout ce qui nous entoure ce soir. Tes yeux pétillent, sont avides de découvertes. La décoration de la salle, sobre et chic à la fois. Le ciel étoilé dessiné sur le plafond par une multitude de petites guirlandes. Les lumières, tamisées, stratégiquement orientées sur les différents buffets que tu dévores du regard avant de choisir lequel contentera ta bouche, puis la mienne du bout de tes doigts…

Je me plais à te voir souriante. Ta bouche entrouverte, émerveillée par les goûts, les saveurs que nous [re]découvrons ensemble. Tes lèvres, que je sais si douces, humides par le flot du champagne que tu dégustes doucement pour te laisser légèrement enivrée tout au long de la soirée.

Je me plais à t’admirer, si belle, dans cette robe fluide, comme une caresse que je jalouserais presque, que j’envie indéniablement. Je devine tes courbes que j’aime apprendre à connaitre depuis notre rencontre. J’aime sentir la douceur de ta peau au travers du fin tissu lorsque je te prends par la taille ou que nous dansons.

La soirée suit son cours. Les douze coups de minuit sonnent. Une pluie d’étoiles or et argent arrosent la salle tandis qu’un « bonne année » retentit presque à l’unisson. Des inconnus s’embrassent, se souhaitent des « meilleurs vœux » sans avoir la moindre idée de leurs souhaits.

Je me penche vers Toi : « Au plaisir de t’avoir rencontrée et d’être avec Toi ce soir. J’espère que nous pourrons débuter d’autres années ensemble… ». Je me penche pour t’embrasser mais tu t’éloignes.

Désormais je t’admire dansant nus pieds sur les milliers d’étoiles qui jonchent le sol. Ta silhouette se meut avec aisance et langueur. Tes courbes et le tissu se mélangent. Ton image devient floue, la musique inaudible.

Et, peu à peu, la salle de bal disparaît pour laisser place à un nouveau décor. Un mur de briques rouges apparaît au travers de ton corps, translucide. Une partie de ton être disparaît dans la lumière vive qui jaillit des fenêtres. Je tente de te rattraper mais tu es insaisissable. Mon souffle se fait plus court, plus difficile. Mon corps se raidit et le froid s’insinue en moi. Le noir envahit ma vue. Un dernier effort fait apparaître ton spectre lumineux. Tu danses pour moi, une dernière fois, pour m’accompagner dans ce dernier sommeil.

Publicités

6 réflexions sur “Stardust

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s